Cap-des-Loups, le pays gris de l'ouest
Cap-des-Loups est un vieux pays agricole de l'ouest : des plaines grises et basses sous un ciel souvent couvert, où le vent ne rencontre rien pour l'arrêter. Ce fut, dit-on, une terre riche ; elle ne l'est plus. Les villages se vident, les champs retournent à la friche, les jeunes s'en vont vers les cités, et chaque hiver mord un peu plus tôt. Les loups — qui donnent au pays son nom — descendent chaque année plus près des fermes, et l'on n'a plus assez de bras pour les tenir au loin. Il s'en dégage une beauté triste et inquiétante, celle des lieux que le monde laisse derrière lui.
Les gens d'ici sont rudes et taiseux, et l'on y vit de deux façons. Il y a les villages — ceux, justement, qui se vident — ; et il y a les nomades des plaines : des clans de pasteurs et de chasseurs qui n'ont jamais pris racine, suivent les grands troupeaux et les saisons sous des tentes qu'on plie en un matin, et tiennent les sédentaires pour des gens qui se sont laissé enfermer. Ce sont eux, dit-on, qui gardent le plus longtemps les vieilles coutumes que le reste d'Ostrevan a oubliées.
Car l'on raconte, à mi-voix, une vieille légende : qu'avant les temples et les dieux du panthéon, ces plaines abritaient un culte chamanique — tambours, esprits, ancêtres —, et que son dieu se serait appelé Mahl. Nul n'en sait plus long. Les prêtres haussent les épaules, les vieux se taisent, et il ne reste de tout cela que des tertres sans nom au milieu des champs, et une inquiétude qu'on ne s'explique pas.
EN BREF — Capitale : Cap-des-Loups · Régime : aucun (région agricole en déclin, sans État) · Dirigeant : aucun · Relations : sans alliance ; convoitée et menacée par l'Hégémonie · Accroche : le pays qui se vide, les loups, les nomades des plaines, et la légende endormie de Mahl.
