les Arpenteurs d'Ostrevan
Là où les compagnies franches des Marches Grises pillent et meurent en aveugles, les Arpenteurs d'Ostrevan, eux, cartographient. C'est la plus réputée des compagnies d'aventuriers-explorateurs : ceux qu'on engage non pour rapporter un trésor, mais pour revenir d'où l'on ne revient pas — et dresser la carte du chemin. Grands fonds que nul plongeur n'a sondés, ruines plus vieilles que toute mémoire, déserts de glace, îles que nulle marée n'atteint, et surtout les contrées maudites où la boussole s'affole et la raison vacille : ils y vont, observent, mesurent, et reviennent. Moins nombreux chaque année, plus célèbres à chaque retour.
Leurs cartes valent des fortunes — la Guilde des Compagnons, les Conclaves et jusqu'aux cultes se les disputent —, mais le prix se paie là-bas : aucun Arpenteur ne revient tout à fait intact, et ceux qui ont poussé le plus loin reviennent parfois changés, ou autres. Sous leur capitaine Brennec, ils visent ce que nulle compagnie n'a osé : poser le pied sur la Rive Muette. On les admire, on les finance, et on prie un peu pour eux.