les Marches Grises, la frontière qui ne tient pas
Au sud, là où le Voile s'amincit, s'étendent les Marches Grises : un pays de pierrailles et de landes blêmes que nul État n'a jamais tenu plus d'un hiver. C'est la faute du Voile : si mince, ici, que la matière tient mal, que la magie déraille sans prévenir, que les esprits vacillent — et que, dans cette terre malade, affleurent les larmes du voile, le cristal le plus précieux du continent. Là où il y a de quoi devenir riche et de quoi devenir fou, l'ordre ne s'installe pas.
Alors les Marches vivent de la loi du plus fort : compagnies franches, bandes armées, seigneurs d'un hiver qui lèvent un domaine au printemps et le perdent à l'automne. On y vient chercher la larme-de-voile, fuir une corde, ou se vendre au plus offrant. On n'y compte pas le temps comme ailleurs ; on compte les campagnes, les hivers tenus, les morts.
Un homme, pourtant, a duré là où tous échouent : Vorgrim, le Loup d'Hiver, qui a soumis les compagnies et tient d'une poigne de fer les filons de larmes du voile. Son domaine est brutal mais réel — la chose la plus proche d'un État que les Marches aient jamais portée. Pour le reste, c'est la frontière : le danger et la promesse du monde, là où l'on va quand on n'a plus rien à perdre.
EN BREF — Capitale : aucune ; Coudrelang, dernier vrai bourg, à la frange · Régime : proto-États, aucun durable ; loi du plus fort · Dirigeant : nul, sinon le seigneur de guerre Vorgrim, le Loup d'Hiver · Relations : terre sans alliance ; réservoir de larmes du voile que tous convoitent · Accroche : la larme-de-voile, une compagnie franche à rejoindre, un seigneur à servir ou à abattre — et le Voile trop mince.