Les plans et le Voile
Le nombre de plans est INDÉFINI, infini : le chaos coagule sans cesse, sans décideur.
Les PLANS DIVINS sont des bulles de forme maintenues par la foi — un plan par dieu — et mortelles avec lui. Les PLANS NON-DIVINS sont des coagulations SPONTANÉES du Substrat, indépendantes des dieux, parfois très anciennes et étrangères : vides, peuplées de natifs à l'autre logique, ou ambigus.
Le Substrat est commun, mais chaque plan habité a sa propre MEMBRANE — qui gère ses morts et ses règles ; certains plans n'en ont peut-être aucune. La Déesse n'est que la membrane de l'ÎLE-MONDE, l'instance locale.
Mais on n'y accède pas. Le Voile — la membrane de l'île-monde — tient, et traverser l'informe qui sépare les plans dissout la forme : un voyage mortel. Deux exceptions seulement. Les dieux, qui ont leur propre bulle et savent y mouvoir les âmes. Et une poignée d'archimages, par une magie extrême et sous de lourdes contraintes — un passage bref, périlleux, qui ne tient pas et coûte presque toujours la raison ; on effleure l'autre côté, on n'y ouvre pas de porte. Car une porte stable et franchissable — une BRÈCHE —, il n'en existe aucune : le Voile n'a jamais cédé. Le monde porte pourtant le nom de cette rupture qui n'a pas eu lieu : le VOILE BRISÉ. Nul ne sait s'il faut y entendre un souvenir, une menace, ou rien du tout.