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Codex · Magic & Artifacts

Oramyr, le premier empire

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Avant les royaumes, avant même l'Empire d'Orvane, il y eut Oramyr — le premier empire des hommes, et le plus haut qu'aucun ait jamais bâti. On le situe au plus loin des temps comptés, voici plus de quinze siècles (~An -900 à -600), né des tribus barbares qui erraient alors sur Ostrevan. Mais là où les autres peuples bâtirent sur la pierre, le fer ou le grain, Oramyr bâtit sur la magie seule.

Ce ne fut jamais un trône unique, mais une constellation de cités, chacune ployant sous un mage-roi — les Diadèmes. Leur pouvoir ne tenait ni à l'épée ni à l'or, mais à un art que nul depuis n'a su refaire : ils prolongeaient leurs vies bien au-delà de l'humain — des règnes de siècles —, élevaient des tours de verre qui brillaient comme l'eau gelée, et liaient leurs cités par des portes et des routes où nul n'avait à marcher. Le commun — les hommes sans magie — leur servait de base et de bras ; et au faîte de leur orgueil, les plus grands Diadèmes se croyaient l'égal des dieux.

Puis, en un âge, tout s'effondra. Les chants ne s'accordent pas sur la cause — une malédiction, un orgueil puni, la magie qui se retourne —, mais tous disent la même chose : les rois immortels devinrent des monstres, les merveilles des horreurs, et l'empire se dévora lui-même jusqu'à ce qu'il n'en restât rien que des pierres. De cet âge ne demeurent que les ruines d'Oramyr, semées par tout le continent : cités de verre à demi enfouies, portes brisées, routes qui ne mènent plus nulle part — et beaucoup, dit-on, gardent une magie échouée qui n'a pas fini de mordre. On y déterre parfois des reliques qui marchent encore, d'une puissance que nul artisan vivant n'égale ; les mages les convoitent, les Conclaves les traquent, et les sages prudents répètent qu'aucune n'a jamais porté chance à qui s'en est servi.